Etape 02: Tours - La Celle Saint Avant

Après le franchissement du Cher (km 233), la RN 10 reprend un caractère quelque peu "routier" avec une belle allée de platanes faisant la liaison entre les rives du Cher à la côte de l'Alouette.

 

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Même si la route est aujourd'hui complètement "noyée" dans l'agglomération tourangelle, elle offre un court espace de verdure.

 

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Le même endroit à la fin des années 1960 alors que l'on aménage des pistes cyclables de part et d'autre de la route. La toute nouvelle piscine du Lac est visible en arrière plan, à gauche.

 

Juste avant d'aborder la côte de l'Alouette, la RN 10 est surplombée par le pont de chemin de fer de la ligne Paris-Bordeaux depuis le milieu du XIXè siècle  (Tours est reliée à Paris en 1854).

 

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Sur cette vue du début du XXe siècle, l'allée de platanes est parfaitement visible en arrière plan. Malgré ce qu'affirme la légende, le tracé de la RN 10 passe alors par la commune de Saint Avertin. C'est au cours d'une rétrocession de terrains dans les années 1960 que la route Paris-Bayonne "reviendra" à la commune de Tours.

 

 
alouette03.jpgLe même pont aujourd'hui, la ligne SNCF a été électrifiée depuis. Le second pont sert de liaison routière entre les quartiers des Fontaines et des Trois Lions. Le parking-relais du Lac est clairement annoncé.

Un rond-point (d'où est pris le cliché) a été aménagé au pied de la côte de l'Alouette.
 

 La côte de l'Alouette (km 234) permet à la RN 10 de gravir le plateau de Champeigne tout en contournant le parc de Grandmont.

 

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Aujourd'hui dédoublée cette côte est encore redoutée en cas de verglas. Deux stations y offraient leurs services: une Antar en montant (auourd'hui recyclée en boulangerie) et une Elf en descendant, démolie depuis le passage de la route en 2x2 voies en 1973.

 

 

Au sommet de la côte, la route sépare les communes de Joué-les-Tours à l'ouest de Tours à l'est. Le parc du château de Grandmont était initialement situé sur la commune de Saint Avertin. Le château fut démoli dans les années 1960 pour laisser place à une grande cité scolaire et au "campus" universitaire de Tours.

 

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Le parc du château est visible sur la droite de ce cliché du début du XXe siècle. Un réparateur de pneumatiques dépanne les premiers automobilistes qui doivent affronter toutes les rigueurs de la route encore en terre battue.

 

A l'Alouette, on trouvait plusieurs relais routiers, bars, garages et stations-service. Tous ces petits établissements permettaient de faire le plein tout en faisant une pause autour d'un verre ou d'un "casse-croûte".

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Superbe photo (sens Paris-Province) des années 1930 du Relais-Garage de l'Alouette, distributeur des carburants Azur et lubrifiants Olazur. Ce que je pense être une Peugeot 201 (?) se ravitaille avant de descendre vers Tours. Notez aussi la publicité pour les apéritifs Berger juste avant l'Auberge de l'Alouette.

 

alouette07.jpgL'auberge de l'Alouette dans les années 1920. Les clients posent pour le photographe devant de flambantes autos dont une Citroën 5CV à  la fameuse carrosserie "Trèfle" (deux places de front et une arrière centrale). La route, bordée d'arbres, poursuit vers le sud.

 

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80 ans plus tard, l'auberge est devenue une discothèque, les arbres ont disparu, la route a été dédoublée et séparée par un terre-plein central.

 

 


 

 

 

La RN 10 entame sa (pénible !) traversée d'une vaste zone commerciale ("Chambray 2") aussi insipide que toutes les autres....
Sanctuaire de la (sur)consommation, divers magasins, hyper et autres bricos ont anéanti les prairies qui bordaient la route. Seuls, quelques petits pavillons des années 1950-1960 subsistent, écrasés entre une solderie et un fast-food...

 


Le Restoroute de Chambray les Tours ouvre en 1955 dans le sens Province-Paris. Grande nouveauté dans le domaine de la restauration routière ce concept fut élaboré par le charismatique Jacques Borel. Ces établissements à l'ambiance clairement "américaine" offraient une restauration de qualité moyenne. Ils permettaient néanmoins de déjeuner rapidement avant de reprendre le volant,  histoire de ne pas mettre en péril la fameuse "moyenne" ! 

 

Pour connaitre l'histoire du Restoroute de Chambray-les-Tours, cliquez sur la photo ci-dessous:

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Le grand garage Renault de l'avenue de Grammont (la "NERVA") s'implante à la même époque dans une concession moderne juste à côté du Restoroute. Elle absorbe une petite station Antar située à la bifurcation de la RN 10 et de la RN 143 qui file, elle, vers Châteauroux via Loches. Une autre station, ELF, lui faisait face dans le sens Province-Paris.

 

 

 

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Le Restoroute aujourd'hui, désaffecté depuis le début des années 1990 fait désormais partie du site de la succursale Renault de Tours.

 

 

 


 

 

Après avoir traversé la ZA de "Chambray 2" la RN 10 file plein sud vers Poitiers, prochaine grande agglomération, à 90 km de là tout de même.
A la sortie de Chambray, les usagers se préparaient à affronter l'un des gros "points noirs" de la route Paris-Hendaye: le passage de Montbazon. Véritable goulet d'étranglement, la RN 10 y franchit l'Indre avant de remonter sur le plateau de Sainte Maure. Un passage à niveau, juste avant Montbaz
on, pouvait déjà immobiliser le trafic sur plusieurs kilomètres à chaque arrivée de train.
Les embouteillages monstres des grandes transhumances estivales obligèrent les services de l'Equipement à mettre en place une déviation ponctuelle.

 

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Panneau mobile situé entre Chambray et les Gués de Veigné cinq kilomètres en amont de Montbazon. Un technicien de l'Equipement active le panneau et son feu orange pour inciter les usagers à quitter la RN 10. Un itinéraire de délestage d'une dizaine de kilomètres permettait de franchir l'Indre plus à l'ouest avant de revenir sur la route à la hauteur de Sorigny évitant ainsi la traversée de Montbazon.

 

 Thierry Dubois m'a fait parvenir, via le site de l'INA, un reportage réalisé par FR3 Orléans au début du mois d'août 1976 sur ce célèbre embouteillage. Un gendarme, probablement caserné à Montbazon, explique très pédagogiquement comment la haute technologie d'alors permet de fluidifier la circulation et de faciliter ainsi la traversée de la ville. Ce document permet aussi de prendre conscience de l'ampleur de ce "point-noir" depuis les premières images tournées aux Gués de Veigné jusqu'à celles prises à Sorigny, dix kilomètres plus au sud.

 

Cliquez sur l'image ci-dessous pour visionner le reportage.

video-04.jpgSource image: INA

Les embouteillages de Montbazon ne furent réellement résolus qu'à la fin de l'année 1977 avec l'ouverture du tronçon de l'A10 reliant Tours à Poitiers. 

 

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Vue aérienne du bouchon à l'entrée nord de Montbazon en juillet 1978. Malgré l'ouverture de l'autoroute la route des vacances est encore saturée.  

Cette vue permet aussi de bien distinguer le tracé d'origine de la route encore encadrée de ses platanes (sens Province-Paris) de la seconde voie aménagée au début des années 1960 (sens Paris-Province) visible à gauche.

Le bâtiment au premier plan hérissé d'antennes était la gendarmerie, aujourd'hui transférée au sud de la ville.

Le bouchon de Montbazon a "sauté" depuis longtemps mais le passage de la ville reste toujours difficile chaque soir entre 17 et 19 heures.


 

 

Sur ce cliché de la fin des années 1920 on distingue bien la route en provenance de Tours. Les troncs des platanes ont été peints en blanc matérialisant ainsi la courbe assez prononcée du virage.

montbazon06-1.jpgComme c'etait souvent le cas, le petit garage affiche plusieurs panneaux: Citroën, Peugeot, Panhard mais aussi Renault; sans oublier le Bibendum Michelin ! Quelques tables permettent aux chauffeurs de prendre une pause avant de reprendre la route.

 

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Le même lieu aujourd'hui, le garage est fermé mais pas le restaurant !

 

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A l'entrée de Montbazon (km 243) une maison conserve une plaque de cocher de la fin du XIXè siècle. Avec le rétablissement de la République, en 1875, les routes "Impériales" deviennent "Nationales" comme c'est ici le cas. La plaque était complétée par une autre en tôle ou en aluminium qui reprenait les mêmes indications (on pouvait encore y déchiffrer "Châtellerault 55 K").
La maison fut entièrement ravalée courant 2010, les propriétaires eurent l'excellente idée de restaurer la plaque de cocher en lui redonnant ses couleurs d'origine. Une belle initiative pour la sauvegarde du patrimoine communal et routier. La seconde plaque métallique a quant à elle définitivement disparu...

 

 

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La route franchit l'Indre sur un pont construit en 1752 où seuls deux véhicules peuvent se croiser comme on peut s'en rendre compte sur cette vue aérienne. Une Simca Aronde entre en ville et s'apprête à croiser un fourgon Peugeot DB 4 qui remonte vers Paris.

montbazon07.jpgLes bords de l'Indre sont alors un lieu de vacances pour quelques campeurs. Le dépaysement n'est-il pas à la porte de chez soi ?

 

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La RN 10 traverse le bourg sous le nom de "Rue Nationale". Quelques hôtels comme celui du Croissant offraient leurs services pour désaltérer et restaurer les voyageurs de passage.

 

montbazon09-1.jpgLa rue Nationale bien peu encombrée dans les années 1930, le garçon de café semble même attendre ses clients.

En arrière plan, la route tourne brutalement à gauche avant de gravir une pente assez raide vers le plateau de Sainte Maure. 

 

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Ce virage dangereux a été le théâtre de nombreux accidents comme celui d'un camion rempli de benzol en 1974. La citerne pulvérisa une façade ainsi que quelques vitrines de commerçants. Le benzol,  très inflammable, aurait pu provoquer une grave explosion en ville. Devant ce risque, le boulanger s'est abstenu de cuire son pain pendant trois jours !! La maison endommagée n'a d'ailleurs jamais été reconstruite.

Le virage est aujourd'hui sécurisé avec deux feux rouges qui ralentissent la circulation dans les deux sens.

 

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En quittant Montbazon, la route passe au pied des ruines d'une forteresse des XIIè et XVè siècles dont il reste le donjon rectangulaire du XIIIè qui domine la vallée de l'Indre du haut de ses 28 mètres surmonté d'une vierge.

Ce donjon a d'ailleurs servi de support au poste n°36 (ligne Paris-Bordeaux) du télégraphe Chappe entre 1823 et 1852.

 


 

 

A la sortie de Montbazon, la RN 10 parcourt le plateau de Sainte Maure sur plus 20 kilomètres quasiment rectilignes et simplement ponctués par la traversée de Sorigny et le délicat passage de Pont Neuf. Quelques publicités peintes viennent rappeler l'intensité du trafic des années 1950 aux années 1970. L'autoroute A 10 n'est qu'à quelques centaines de mètres plus à l'ouest.

 

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Petite publicité plutôt défraichie pour une station Azur, aujourd'hui disparue, située à l'entrée nord de Sorigny.

 

 

 

 

La traversée de Sorigny (km 249) s'effectue sans grande difficulté. Ce gros bourg traversé par la RN 10 sur toute sa longueur se développe depuis une vingtaine d'années. Les espaces cultivés sont de plus en plus "grignotés" par la périurbanisation de l'agglomération tourangelle.

 

Le poste n°37 du télégraphe Chappe était situé à une centaine de mètres du bourg et relayait ainsi le poste fixé sur le donjon de Montbazon.

 
L'automobiliste trouvait (et trouve encore !) de nombreux services en traversant Sorigny: garages, stations-services et relais routier.

 sorigny02.jpgBelle vue du garage Sotom, agent Renault et distributeur des lubrifiants Azur au milieu des années 1930. Le garage, aujourd'hui disparu, était situé à l'entrée nord du bourg. Notez les volucompteurs à pompe avec leur globe lumineux bien visibles lorsque la nuit est tombée.

 

 
sorigny03.jpgUn autre garage mais à la sortie sud du bourg. La garage Bussereau représente la marque Citroën mais ne rechigne pas à réparer les Renault comme le montre le panneau au losange. Ce garage a même affiché le panneau... Peugeot à la fin des années 1920.
Ici les carburants sont de marque Energic (Energoil pour les lubirifants) mais aussi Texaco. et Veedol
Ce bel ecclectisme fait sourire lorsque l'on songe aux garages actuels très stéréotypés où tout est qualibré, des dimensions de la façade à la référence du carrelage de l'atelier  en passant par la couleur des sièges du "show-room" selon le vocabulaire actuel...



sorigny04.jpgLe bâtiment existe toujours même s'il a changé de nom et d'activité. Le garage originel et toujours là (reconstruit en "dur" avec une toiture en bac acier), un pavillon et un atelier le jouxte depuis les années 1960. Il est resté une agence Citroën jusqu'à sa fermeture au milieu des années 1990.
Le lieu abrite désormais un atelier de menuiserie et un magasin de pièces détachées pour anciennes VW avec un petit atelier qui assure l'entretien des Coccinelle et autres Combi.

 

sorigny08.jpgLe centre-bourg (sens Paris-Province) et quelques commerces dans les années 1930. Le café de la Paix propose de nombreux services à la clientèle de passage: hôtel, déjeuners, dîners et ravitaillement en carburants. La marque ici distribuée, Stelline, fut créée en 1877 par la société Lille, Bonnières et Colombes. Elle se rapproche de la Compagnie Française de Raffinages dans les années 1920 avant d'être entièrement absorbée au début des années 1950 et de participer ainsi à la naissance de Total.


Quelques publicités peintes sont encore visibles lorsque l'on traverse Sorigny, certaines sont encore en très bon état.

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Superposition de grandes marques françaises qui fleurent bon le milieu du XXè siècle: Huile Renault, le vin généreux au quinquina, les réfrigérateurs Frigeavia. A droite, c'est l'apéritif Suze qui a eu raison de l'huile moteur Hafa.

 

  

 

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Publicité des années 1930 aux couleurs étonnantes de fraîcheur  au sud de la commune pour les Huiles Renault "Spéciale Sport, huile de surpuissance". On oublie aujourd'hui que Renault a aussi produit des poids-lourds, des  lubrifiants, des moteurs d'avions mais aussi des chars d'assaut avant la Seconde Guerre mondiale !

 

    

Un important relais routier, le Relais de la Tour d'Isoré, accueillait les passagers au sud de Sorigny. Pour l'anecdote personelle, ma maman y travailla en qualité de serveuse au milieu des années 1960 !

 

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A la fin des années 1960, le relais est encore de plain pied et accueille une clientèle de passage plutôt populaire. Au tout début des années 1970, le bâtiment est profondément transformé avec l'ajout d'un étage supplémentaire pour devenir un hôtel et accueillir ainsi une clientèle toujours plus nombreuse. Malheureusement l'ouverture de l'A 10 fin 1977 va considérablement réduire le trafic et condamner de fait les relais routiers à un inexorable déclin.  

 


 

  

La RN 10 quitte Sorigny et poursuit sur le plateau de Sainte Maure. La route est belle, droite et souvent en trois voies. Trois hameaux portent le nom de "La Poste", ne laissant aucun doute sur leur activité passée. L'un d'eux accueillait d'ailleurs le poste n° 37 du télégraphe Chappe.

Au km 259, la route effleure le bourg de Sainte Catherine de Fierbois où Jeanne d’Arc logea le 05 mars 1429 lors de sa chevauchée.

 

Peu après Sainte Catherine, subsiste une autre gloire déchue du trafic routier. Ouvert en 1968 sous le nom de "Relais Saint-Michel", ce motel devient rapidement le biennommé « Paris-Biarritz ». Ouvert 24 heures sur 24, c’était l’un des arrêts importants pour les usagers en direction du sud pour y manger rapidement ou pour y passer la nuit dans une des chambres situées à l'arrière du bâtiment.

Mon père, qui travaillait à l’usine Michelin de Joué les Tours, se souvient d’un chauffeur de car qui, vers 1974, s’arrêta au petit matin au « Paris-Biarritz » pour y fêter le million de kilomètres de son SAVIEM en payant une tournée générale !

 

stemaure01.jpgDevenu une pizzeria dans les années 1980, le « Paris-Biarritz » est aujourd’hui fermé, pratiquement à l’abandon.

 

La route descend maintenant dans la dangereuse « cuvette » de « Pont-Neuf » qui enjambe le ruisseau de l’Etang. Cette minuscule vallée est encore délicate à franchir pour les poids lourds en cas de neige et de verglas.

Malgré le redressement du virage nord dans la première moitié des années 1950, les accidents dans le sens Paris-Province ont été nombreux. Les pouvoirs publics ont en partie résolu le problème en réduisant la route en deux voies ( trois il y a encore quelques années ). 

 


 

La RN 10 remonte sur le plateau avant d’arriver dans la capitale du fromage de chèvre en bûche ! La belle allée de platanes fut abattue dans les années 1950 lors de l’élargissement de la route mais les arbres sont encore présents sur le côté droit de la chaussée. Le poste n°39 du télégraphe Chappe était situé à l'entrée nord de la ville juste avant la grande descente. Il ne reste rien de cette tour pyramidale qui était située à 50 mètres seulement de la route.


La ville de Sainte-Maure de Touraine (km 265) est intimement liée à la "route d'Espagne" qui la traverse du nord-est vers le sud-ouest (même si le centre ville en est légèrement à l'écart) depuis 1767 année où les travaux d'aménagement de la nouvelle route via Vendôme, Tours puis Châtellerault sont terminés. La route s'y élargit considérablement. L'entretien de la chaussée sur 1404 toises, soit 2800 mètres, fut néanmoins du ressort de la paroisse de Sainte-Maure.

La route sera le théatre de quelques grands événements comme le passage en 1777 du comte d'Artois (frère du roi Louis XVI et futur Charles X) pour lequel la population du former une haie d'honneur. La naissance du Dauphin en 1781 sera l'occasion d'un immense feu de joie sur la route.


Plus tard, cette petite ville fut un important relais gastronomique de la route Paris-Hendaye. Les automobilistes et les chauffeurs routiers partis à l’aube de Paris arrivaient à Sainte-Maure à l’heure du déjeuner d'où l'existence de nombreux restaurants dont certains subsistent encore.

Parmi les nombreux restaurants de Sainte-Maure, le plus réputé était celui du Veau d'Or situé entre Le Cheval Blanc et le Restaurant des Sports. Qualifié "restaurant de bon confort" par le guide Michelin au début des années 1960, il entre dans le cercle des établissements étoilés (une étoile) à la fin de cette même décennie. La terrine de foie de vollailes truffée ou le poulet de grain sauté aux cépes figuraient parmi les spécialités.
 

 

stemaure02-1.jpgSur ce premier cliché du début du XXè siècle, la RN 10 descend par le nord, encadrée d’une allée de platanes. Le trafic routier est nul, les piétons et les animaux peuvent déambuler sur la voie sans aucun risque.

Les platanes seront abattus en 1956 pour élargir encore la chaussée qui passera dès lors en deux fois deux voies.

 

 

stemaure03.jpgQuelques années plus tard, probablement dans les années 1910, les pionniers de l’automobile s’aventurent sur les grandes routes de France. Une auto et son chauffeur se ravitaillent à l’Hôtel de la Boule d’Or où l’atelier de Célestin Boutin répare cycles, autos et motos. Dans les années 1920 cet atelier devient un officiel "Stock Michelin" ainsi qu'un agent Renault. Malgré un très faible trafic, une première plaque donnée par Michelin fin mai 1911 invite les automobilistes à ralentir en ville. Il faudra attendre juin 1933 pour que la traversée de Sainte-Maure soit limitée à 40 km/h.

 

 

stemaure07.jpgVue prise du même endroit mais vers le sud. La route retrouvait ses platanes et sa largeur réduite. L'Hôtel de la Boule d'Or est ici à droite. L'enseigne de l'Hôtel de l'Etoile, à gauche, est bien visible. Cet établissement tenu par Mr. Basile abritait un hôtel et un "estaminet". Il proposait aussi aux voyageurs à cheval écuries et remises mais aussi un garage pour les autos !

 

 

stemaure04.jpgDans les années 1930, l’automobile se démocratise peu à peu même si les attelages hippomobiles sont encore nombreux.

Sur les routes,  les ateliers de réparations commencent leur lente mue pour devenir les premières stations-services. Ici, une Citroën "Rosalie" n’a pas hésité à couper la route pour venir faire le plein "d'Energic " (2,25 francs le litre) chez cet agent Renault et Peugeot, la pompiste est d'ailleurs à l'oeuvre ! Notez les deux volucompteurs à boule blanche, on peut aussi distinguer un char à huile "Energol" tout à droite. Depuis juin 1924, le conseil municipal peut exiger entre 50 et 100 francs pour l'installation d'un poste d'essence sur le territoire communal. Cette mesure sera jugée illégale par le conseil d'Etat en 1934.

 

La chaussée est enfin goudronnée en septembre 1922 sur demande des Ponts et Chaussées. Le coût de l'opération s'est élévé à 1700 francs de l'époque.

 

stemaure05.jpgAutre cliché de la fin des années 1930 pris de l’autre côté de la route. On remarque, à gauche, deux Peugeot 402 à la superbe « ligne fuseau ». Un camion de déménagement Citroën probablement en route vers le sud fait une pause au Café des Sports ou au Café-Hôtel de l’Etoile juste à côté. Le trafic s’intensifiant, la municipalité fait à l'Automobile Club de France une demande de quelques panneaux indicateurs fin 1938. La signalisation routière s’améliore donc comme le montre les deux belles plaques en fonte fixées au dessus du porche à gauche. Elles indiquent respectivement les directions de Poitiers et de Tours.

 

 

stemaure06.jpgLe même Café des Sports dans les années 1950 devenu Hôtel Restaurant des Sports suite à la fusion avec le café de l'Etoile.

Une Panhard Dyna Z et une Peugeot 203 sont sagement rangées en épi. Leurs conducteurs dégustent peut-être une bière « Panther Pils » comme le suggère le store en façade. Une grande publicité, encore visible aujourd'hui, avait été peinte sur le pignon visible à l'extrême gauche du cliché. 

 

 

stemaure08.jpgLa RN 10 dans les années 1960, les platanes ont disparu depuis quelques années. Une station "Mobil" est visible en arrière plan en direction de Tours. Une DS, une Ami 6, une 2 CV et une Dauphine sont stationnées devant "l'Hostellerie" du Cheval Blanc" qui compte alors 14 chambres (de 8,50 à 17 francs la nuit en 1961 !). L'enseigne, originale, est probablement un ancien cheval de manège. Ce restaurant est aujourd’hui toujours en activité.

 

 

stemaure09.jpgLa même vue au début des années 1970, la chaussée est désormais séparée par un petit terre-plein central et éclairée par de grands lampadaires. Une Renault 16 et une 2 CV filent "plein pot" vers Tours alors qu’une Ami 6 attend au stop. Pour les amateurs de (très petits) détails, le panneau « Mobil » a été modernisé.

 

 

stemaure10.jpgPhotographiés en avril 2010, les lieux n'avaient pas beaucoup changé. La décoration du restaurant du Cheval Blanc a gagné en sobriété. La station Mobil est fermée depuis une dizaine d'années. La signalisation au sol est passée du jaune au blanc. Cette configuration de la route est désormais obsolète puisque la municipalité a lancé en 2011 des grands travaux qui ont radicalement modifié l'ancienne route d'Espagne. Les terres-pleins et les lampadaires ont été remplacés par de petits ronds-points, la chaussée a été réduite en deux fois une voie pour une vitesse limitée à 30 km/h.

 

Une petite exposition sur la Grande Route d'Espagne à Sainte-Maure fut organisée en septembre 2011 lors des Journées du Patrimoine dans les anciens locaux du Restaurant de la Boule d'Or. Des contacts avec la municipalité furent noués ainsi que l'accès à quelques archives.

 

 

stemaure11.jpgRetour au début des années 1960 quelques dizaines de mètres plus au sud. Une vénérable Citroën 11 B, une Simca Ariane 4 et une DS 19 attendent leurs propriétaires probablement attablés au Restaurant des Sports avant de reprendre leur route vers Paris. On aperçoit le début de la publicité pour la bière Pantherpils sur le pignon au dessus de la Traction.

De l'autre côté de la route, ce sont pas moins de trois Peugeot 404, une Simca 1000 et une Dauphine (notez les roues "sport") qui sont stationnées devant l'Hôtel-Restaurant de la Boule d'Or. La concurrence entre les deux établissements était rude même si le Restaurant des Sports offrait 22 chambres contre 12 à la Boule d'Or. Comme de nombreux autres commerces situés le long de la route, la Boule d'Or a définitivement fermé ses portes au début des années 2000. Après avoir été rebaptisé "La Gueulardière" avant de devenir quelque temps un restaurant chinois, l'ancien Restaurant des Sports est aujourd'hui rouvert sous le nom du Relais des Saveurs.

 

 

 stemaure12.jpgCette plaque de cocher se trouvait à l'angle de la RN 10 et de l'ancienne route de Loches à quelques mètres de l'ex Restaurant des Sports. Notez le "NAT" en relief qui permit à la plaque d'indiquer "Route Nationale N°10" à la place de "Route Impériale N°10" évitant ainsi son remplacement comme ce fut le cas pour celle de Montbazon vue plus haut.

Déposée en 2011, lors de la réhabilitation de l'avenue, elle est actuellement en restauration et devrait retrouver son emplacement initial sous peu.

 

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Sous la plaque de cocher, les vestiges de l'atelier d'un maréchal ferrant et d'un sellier, sûrement très actif au début du XX siècle !

 

  

 

 

 

 

 

 

La RN 10 quitte Sainte-Maure vers le sud en passant devant un garage dont l'activité est déjà attestée par le guide Michelin 1925. Baptisé alors "Relais Paris-Pyrénées" la garage Dupuy distribuait les lubrifiants et carburants "Veedol" et "Antar". Le char à huile permettait aux autos de l'époque de recevoir leur dose d'huile.

 

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stemaure15.jpgAprès avoir été spécialisé dans la mécanique agricole des années 1960 aux années 1980, le garage est aujourd'hui fermé mais le bâtiment est bien entretenu même s'il a perdu ses deux colonnes.

 


 

A quelques kilomètres au sud de Sainte-Maure se trouve l'un des plus beaux vestiges de "l'âge d'or" de la RN 10, une ancienne station-service au style remarquable. Elle fut bâtie entre 1955 et 1956, son architecture fait irrésistiblement penser aux stations américaines de la Route 66 à l'architecture "streamline".

Nicolas Studiévic, grand amateur des anciennes stations-services, apporte cette précision: "On appelle ce type de station "le bateleur des bord de route" par analogie avec la proue d'une péniche".
 

stemaure16.jpgCette station est à l'origine de mon intérêt pour cette grande Route Nationale depuis le début des années 1990, à l'époque de l'achat de mon Ami 6. J'y ai fait de nombreux clichés avec cette voiture elle aussi au style remarquable. La voici photographié vers 1996 sous la grande "visière". La station était alors encore en bon état et encore accessible de la route.

Jouxtant un restaurant routier, le relais "Charles Martel" distribua des carburants OZO puis Total (on peut encore apercevoir le liseré bleu sur la façade)  jusqu'à la fin des années 1980. Il était ouvert jour et nuit excepté du samedi soir au dimanche soir avant d'être recyclé en bureau de vente de voitures d'occasions dans les années 1990. Son totem fut alors utilisé comme enseigne pour le restaurant "L'Etoile du Sud" aujourd'hui fermé.

 

stemaure17.jpgAbandonnée depuis quinze ans au moins, elle n'est plus accessible en voiture et  elle se dégrade d'années en années. Les vitrines ont malheureusement été brisées et le lierre gagne l'arrière du bâtiment.

Ceci dit, la municipalité de Sainte-Maure de Touraine a fort heureusement pris conscience du caractère patrimonial du bâtiment qui est désormais "protégé" ce qui la met à l'abri de toute démolition. On peut aussi rêver à une éventuelle restauration comme ce fut le cas pour deux stations situées sur la RN 7. 

 

stemaure18.jpgLe restaurant "Le Bellevue" situé juste à côté de la station était réputé. Il accueillait jour et nuit les automobilistes, les chauffeurs routiers mais aussi les jeunes de la région qui en sortant des bals savaient qu'ils trouveraient un endroit encore ouvert au petit matin...

Le propriétaire avaient fait éditer une série de cartes postales largement distribuées dans la région. Notez la décoration où le formica est omniprésent dans une ambiance très "sixties" !

Le "Bellevue" devenu entre temps "L'Etoile du Sud" a aujourd'hui totalement cessé son activité de restauration.

 

Peu après, la RN 10 effleure le menhir de la Pierre Percée (km 269) avec ses 4 mètres de hauteur et sa cavité qui lui donnent toute sa particularité.

 

maille01.jpgLa route est ici particulièrement belle, large et dégagée épousant le relief avec harmonie.
A une centaine de mètres plus à l'ouest de cette descente on trouvait le poste n°40 du télégraphe Chappe. Le site, sur la commune de Maillé, est désormais en friches mais il a gardé son nom de "Télégraphe" !



maille02.jpgLe village de Maillé, distant de deux kilomètres de la RN 10 fut le théatre du massacre d'une partie de ses habitants le 25 août 1944.
C'est très probablement une unité de la 17è Panzer Grenadier Divison SS et quelques éléments de la Whermacht qui investissent le bourg en fin de matinée et abattent 124 personnes. Le village fut ensuite incendié puis pilonné par un canon de 88 installé non loin de la route nationale. 
Le village fut reconstruit après la guerre et une stèle commémorative fut édifiée sur la RN 10 dès 1947.

 

 

Il faudra attendre les années 1990 pour qu'une enquête remette sur le devant de la scène ce crime de guerre tout à fait comparable à celui d'Oradour sur Glane (Haute Vienne). La justice allemande, qui poursuit ses investigations, a indentifié quelques soldats, aujourd'hui très âgés, ayant vraisemblablement participé au massacre.
Une Maison du Souvenir a ouvert ses portes au début des années 2000, n'hésitez pas  vous y arrêter. Le devoir de mémoire est l'affaire de tous.

Quelques dizaines de mètres plus au sud, le hameau de la Poste de Beauvais rappelle evidemment un ancien relais de poste. C'est ici que, en 1800, fut attaquée par des brigands la diligence assurant la liaison La Rochelle-Paris. Le butin et les auteurs du forfait ne furent jamais retrouvés !
 


 

 La RN 10 achève sa traversée du département de l'Indre et Loire par la commune de la Celle-Saint- Avant (km 275).

Ce village de mille habitants est un lieu de passage très ancien puisque déjà situé sur le tracé de la voie romaine reliant Caesarodunum (Tours) à Limonum (Poitiers) il y a presque deux millénaires !

 

celle01.jpgLa route traverse la commune du nord au sud en deux étapes. D'abord le centre bourg comme le montre cette vue aérienne de la fin des années 1960 puis le hameau du Corps de Garde plus au sud.

Le centre bourg fut entièrement réaménagé à la fin des années 2000 pour ralentir les véhicules et offrir une plus grande sécurité aux piétons.

 

celle02.jpgVue de l'entrée nord de la Celle-Saint-Avant au début des années 1950, les platanes sont encore présents de chaque côté de la route ce qui n'est plus le cas sur la vue aérienne au-dessus.

 

 

celle03.jpgDans les sens Province-Paris, l'allée de platanes est bien visible en arrière-plan. Une ID 19 et un Type H (celui du boucher du village) sont stationnés en direction de Poitiers alors qu'une Renault 4 CV file vers Tours. Trois pompes Shell, encore équipées de leurs globes lumineux en forme de coquillage, distribuent leurs précieux liquides dont du "Gas-Oil". La petite pompe blanche quant à elle ravitaille les cyclomoteurs en mélange 2 temps. Notez les deux publicités peintes qui ornent les pignons de deux habitations.

 

 

celle04-1.jpgAutre cliché pris du même endroit mais en direction du sud quelques années plus tard. Une Simca Aronde premier modèle attend devant les pompes désormais abritées par un petit auvent lumineux. Le logo Shell a lui aussi évolué en intégrant le coquillage.

Juste en face, le café du Croissant et sa modeste terrasse en bord de route offrait tout un choix de rafraichissements ! Bière Panther Pils, anisettes Ricard ou Berger, Orangina, il y en avait pour tous les goûts. Le bâtiment n'existe plus aujourd'hui, il a laissé place au petit parking d'un restaurant.

 

Au cours du XXè siècle avec la croissance du trafic routier, de nombreux commerces ont vu le jour. La Celle-Saint-Avant dénombrait pas moins de quatre garages, quatre postes à essence, plusieurs restaurants dont celui de La Caravane qui est aujourd'hui le dernier témoin de cette intense activité de la route nationale.

celle05.jpgLa Caravane au milieu des années 1950 n'est pas seulement un hôtel-restaurant mais aussi un poste à essence Total. Une Aronde y fait le plein avant de poursuivre sa route vers Paris. Un chauffeur routier déjeune laissant son tracteur Berliet TLR à l'ombre des platanes.

 

 

celle06.jpgPhotographié ici au milieu des années 2000, le bâtiment n'a pas vraiment changé. La petite terrasse donnant sur la route a disparu au profit d'une extension agrandissant la salle du restaurant.

 

La propriétaire d'alors m'avait affirmé que le restaurant avait servi de décor au tournage, fin 1955, du film d'Henri Verneuil "Des gens sans importance" avec Jean Gabin.

Jean Viard (Jean Gabin), camionneur mal marié, fait la ligne Paris-Bordeaux au volant de son Willeme. Il rencontre une serveuse (Françoise Arnoult) au relais routier "La Caravane" avec laquelle il va vivre une histoire d'amour qui s'achèvera tragiquement.

 

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Après l'avoir regardé attentivement, le relais routier "La Caravane" dans lequel s'arrête Jean Viard n'est pas celui de la Celle-Saint-Avant. Le bâtiment est isolé, sans aucune construction aux alentours. L'architecture du relais du film fait plutôt penser à une maison charentaise et l'on peut furtivement apercevoir un panneau indiquant "Cognac" dans une scène intérieure. La largeur de la route, censée être la RN 10, semble bien inférieure à celle d'un grand axe routier.Les extérieurs ont donc probablement être tournés en Charente.

 

 

Cliquez sur l'image ci-dessous pour visionner quelques minutes du film. celle08.jpg

La plupart des scènes intérieures qui restituent parfaitement l'ambiance d'un relais routier de l'époque ont été tournées aux studios de Boulogne-Billancourt.

 

Pour en revenir au relais de la Celle-Saint-Avant, la grande salle de restauration renferme néanmoins une curiosité. Le plafond est en effet recouvert d'une immense carte routière de la France peinte.

celle07.jpgY figurent les principaux axes routiers, les grandes agglomérations ainsi que les distances qui les séparent. Dernière originalité, les noms sont peints à l'envers. Excellent mémento pour les chauffeurs routiers qui peuvent ainsi réviser leur géographie routière !

 

Malgré l'ouverture de l'autoroute en 1978, la "Caravane" reste un important relais routier de la RN 10, en atteste le nombre de camions garés sur le parking chaque nuit de la semaine.

 

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Quelques publicités peintes et anciens garages subsitent encore ici et là. Ce sont les témoins de l'importance mais aussi de l'intensité du trafic jusqu'à la fin des années 1970.

 

 

La route quitte la Celle-Saint-Avant sous l'ombre de platanes qui relient le bourg au hameau du Corps de Garde lui même situé sur les bords de la Creuse.

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Cette rivière matérialise la "frontière" entre deux départements (l'Indre et Loire et la Vienne) mais aussi entre deux régions (le Centre et le Poitou-Charentes). Elle séparait déjà la Touraine du Poitou bien avant la Révolution. La Touraine était alors une province de grande gabelle (le sel y était lourdement taxé), le Poitou était un pays de petite gabelle. La contrebande de sel entre les deux rives de la Creuse était particulièrement active. Lors de la construction du pont, en 1760, on le flanque de deux petits bâtiments servant à contrôler le passage de la Creuse. Un hameau s'est depuis développé au nord de ce petit "Corps de Garde" !

 

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La Route Nationale parcourt ses derniers mètres en Indre et Loire juste avant de franchir la Creuse par le pont que l'on distingue en arrière plan. Pour l'anecdote, contrairement à ce qu'affirme la légende de cette carte postale, ce cliché a bien été pris en Indre et Loire au hameau du Corps de Garde. On distingue sur la photo les deux petits bâtiments de part et d'autres de la chaussée du pont  permettant de contrôler le franchissement de la Creuse. Il furent démolis dans les années 1950 lors de l'aménagement de la déviation de Port de Piles sur l'autre rive de la Creuse.

Le pont fut construit sous l'impulsion du ministre de la guerre et surintendant des postes de Louis XV, Marc Pierre de Voyer, comte d'Argenson. Lorque ce dernier achète le château des Ormes en 1729, situé à 5 kilomètres de là, il peut mettre à exécution la modification du tracé de la grande route d'Espagne. Ce nouveau pont sur la Creuse modifie en profondeur le parcours de la route royale délaissant les villes de Blois, d'Amboise, de La Haye (aujourd'hui Descartes) au profit d'une liaison plus directe entre la Touraine et le Poitou.

 

celle-16.jpgSur le pont, une plaque en tôle marque le passage de la RN 10 de l'Indre et Loire dans la Vienne. Elle arbore toujours son cartouche rouge et l'inscription "N 10 ", une relique depuis le déclassement de la route en départementale !

 

Cliquez sur la borne pour continuer votre route sur la N 10.

 

 

 

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