La Nationale 10 nait symboliquement, comme toutes les grandes routes de France, sur le parvis de Notre-Dame-de-Paris, d'une rose des vents en cuivre posée en 1924, c'est le "poit zero" des routes de France.
La rose des vents situées sur le parvis de Notre-Dame-de-Paris, point de départ de toutes les routes de France. Collection L. Carré.
Longeant la rive droite de la Seine vers l’ouest, la future « Grande Route d’Espagne » n’apparaît véritablement qu’à la fin du XVIIe siècle lors du transfert de la Cour et du pouvoir politique du Louvre jusqu’à Versailles. Le chemin y menant empruntait les actuelles avenues de New-York et du Président Kennedy puis traversait les paroisses de Passy et d’Auteuil avant d’arriver à Boulogne par le Point du Jour.
Aménagée dans les années 1920 sur l’emplacement d’anciens bastions, la Place de la Porte de Saint-Cloud fait converger plusieurs artères dont l’avenue de Versailles. Au centre de l’esplanade se dressent deux fontaines symbolisant les sources de la Seine sculptées par Paul Landowski en 1936.
La Porte-Saint-Cloud au millieu des années 1970 déjà "noyée" dansl'agglomération parisienne. L'avenue de Versailles longe des immeubles modernes, le tout nouveau Parc de Princes, inauguré en 1972, est déjà là. Collection L. Carré.
A l’emplacement de la porte proprement dite, on trouve depuis la fin du XIXè siècle une vaste place où convergent diverses avenues. Au centre de la place se trouvent deux fontaines sculptées par Paul Landowski en 1936 à l’occasion de l’Exposition universelle de 1937 à Paris. Symbolisant les sources de la Seine, ces deux sculptures ne sont plus mises en eau depuis les années 1990 afin de les préserver de l’altération des jets d’eau. Collection L. Carré.
Ce n’est qu’après avoir franchi la Porte de Saint-Cloud que débute réellement la Nationale 10. On entre alors à Boulogne-Billancourt par une longue perspective qui mène jusqu’au pont de Sèvres.
C’est après avoir franchi la Porte-Saint-Cloud que débute réellement la RN 10 en entrant à Boulogne-Billancourt sous la forme d’une longue avenue qui porte le nom du Général Leclerc depuis 1945. Collection L. Carré.
Boulogne-Billancourt, avenue du Général Leclerc, fin des années 1950. Une 2 CV, sagement garée le long du trottoir, attend son propriétaire peut-être parti boire un "blanc-cass" au bar-tabac "Le Celtic".
Les arbres plantés le long de la route ne vont plus quitter la Nationale 10 jusqu'à Urrugne et Hendaye, 750 kilomètres plus loin... Collection L. Carré.

L’avenue débouche sur le pont de Sèvres qui enjambe la Seine. Initialement bâti en bois en 1685 avec le premier tracé de la route vers Versailles, le pont est reconstruit sous le Premier Empire en pierre avant de laisser place à un vaste ouvrage métallique en 1963. Collection L. Carré.
Juste avant de s’engager sur le pont, une stèle rappelle la mémoire du général Leclerc et de la 2ème Division Blindée dont l’escadron commandé par la capitaine Morel-Deville franchit la Seine ici même avant d’entrer dans Paris le 25 août 1944. Collection L. Carré.
Le pont offre une vue sur l’Ile Seguin qui abrita la fameuse usine Renault dès 1929. Véritable « vaisseau industriel » ultramoderne à l’époque de sa construction, cette usine crée aussi la polémique. En 1931, Léon Gosset affirme dans son guide des Routes du Sud de Paris « Pourquoi faut-il que cet ensemble si harmonieux [l’Ile Seguin] ait été saccagée par la construction de hangars [sic] qu’une société industrielle vient, après avoir coupé les arbres, d’ériger récemment sur une jolie petite île de la Seine ? »
Après avoir fabriqué des millions d’automobiles frappées du losange, l’usine cesse son activité en 1992. Elle est démentelée dans les années 2000, la nature y avait repris ses droits avant la construction de la Seine Musicale. Collection L. Carré.