Rambouillet-Chartres

Ablis (km 65)

Depuis 1950, date du reclassement des RN 191 et 188 en RN 10, on quitte donc le sud de Rambouillet par une large quatre voies, à travers la plaine de Beauce jusqu’à Ablis avant d’obliquer plein ouest jusqu’à Chartres.

Située dès l’Antiquité au carrefour de nombreuses voies romaines, cette petite ville a une longue tradition d’accueil de voyageurs, de marchands et de pèlerins. Au début du XXe siècle, Ablis connaît un développement rapide le long des routes de Rambouillet au nord et de Chartres vers l’ouest. Le carrefour des deux routes en plein centre du bourg devient un lieu stratégique pour les différents commerçants, artisans et hôteliers.

Une déviation est cependant projetée dès la fin des années 1940 au moment où les anciennes RN 191 et 188 deviennent Nationale 10. Les travaux, entrepris en 1953, s’achèvent une année plus tard par une nouvelle voie assez large évitant le centre-bourg par le nord et l’ouest.

Ablis deviationArrivée sur Ablis à la fin des années 1950. Un panneau Michelin indique clairement la voie à suivre depuis l'ouverture de la déviation en 1954. Collection L. Carré.

 

Ablis carrefour centreLeLe carrefour entre la route de Rambouillet (en arrière plan) et celle de Chartres (position du photographe) dans les années 1950. Le café hôtel du Croissant, affilié au réseau des « Routiers », faisait face à celui de la Croix-Blanche qui offrait le garage aux utilisateurs du Guide Rouge. Collection L. Carré.

 

Ablis legrandL’atelier Legrand dans le centre d’Ablis à la fin des années 1920. Comme souvent à l’époque, le garage représentait plusieurs marques, automobiles, pneumatiques ou lubrifiants. Collection M. Dauvilliers.

 

Ablis deviation aerienneLa déviation de la Nationale 10 permet de désencombrer le centre d'Ablis au grand dam des commerçants et artisans. Collection L. Carré.

 

La traversée de la Beauce se poursuit avec la même monotonie en direction de Chartres. La Nationale 10 se confond ici avec la « Voie de la Liberté » commémorant l’épopée de la 3e armée du général Patton entre juin et septembre 1944. Aux Essarts, hameau de la commune de Bleury-Saint-Symphorien, un imposant obélisque rappelle la libération de la commune par cette même 3e armée le 17 août 1944.

On quitte alors l'Ile-de-France pour la région Centre Val-de-Loire en arrivant dans l'Eure-et-Loire quelques kilomètres après Les Essarts.

 

 

Dans le hameau des Essarts, à côté du monumental obélisque, cette stèle affiche le parcours suivi par "La Voie de la Liberté" retraçant l'épopée de la 3è Armée américaine, des plages de Normandie à Bastogne. En bas à gauche le "A" emblème de la 3è Armée commandée par le charismatique général Patton. Collection L. Carré.

Le Gué-de-Longroi (km 74)

Puis on arrive au Gué-de-Longroi, unique village traversé sur la route jusqu’à Chartres. Sa localisation, au fond de la vallée de la Voise, en fit un lieu difficile d’accès. L’étroitesse du centre-bourg conjuguée aux fortes pentes du vallon oblige à dévier la partie ouest du bourg par l’ouest dès la fin des années 1920. La déviation ne sera achevée, pour la partie est, qu'en 1942. C’est l’une des plus anciennes de la Nationale 10.

La route retrouve ensuite un parcours morne et rectiligne ; les bornes de la Route de la Liberté rythment la quinzaine de kilomètres qui amène jusqu’aux portes de Chartres.

 

BorneUne des bornes de "La Voie de la Liberté" dans les années 1950.

Chartres (km 88)

La ville se devine au loin grâce aux hautes tours de sa cathédrale. Charles Péguy fut émerveillé par cet exceptionnel panorama lors de ses pèlerinages depuis Paris. Il décrit avoir aperçu « la flèche admirable » de Notre-Dame de Chartres à la sortie du Gué-de-Longroi, située quand même à 15 kilomètres de là !

Chartres borne liberteL'arrivée sur Chartres avec, bien en ligne de mire, les deux flèches de la cathédrale. Les bornes de "La Voie de la Liberté" mentionnent encore "N 10". Juillet 2005, collection L. Carré.

Qu’elle vienne de Maintenon, jusqu’en 1949, ou d’Ablis, la Nationale 10 a traversé Chartres jusqu’à la mise en place de la déviation par l’est et le sud en 1970. Avant cela, la situation devenait critique au fur et à mesure que l’on s’approchait du centre-ville où pas moins de douze routes importantes y convergeaient ! Dans les années 1960, les embouteillages sont quasi inévitables dès le hameau de Bois-Paris. Les ralentissements atteignent parfois une dizaine de kilomètres lors des grands départs en vacances, permettant ainsi aux automobilistes bloqués de contempler, bien malgré eux, les superbes flèches de la cathédrale…

 

Chartres arrivee bouchonAout 1966, les départs en vacances drainent des centaines d'automobilistes vers le centre de Chartres. Ils auront encore quatre années à patienter avant l'aménagement de la déviation. Collection L. Carré.

Une fois arrivé en ville, seuls les boulevards situés sur les anciens remparts médiévaux permettaient de faire « le tour de ville ». La place des Epars, où pas moins de douze voies convergent toujours, les restaurants, cafés et hôtels acceuillaient touristes et automobilistes pour y déguster qui sait un pâté de perdreaux ou un Pavé de Chartres, petit pain d’épice local.

Chartres epars 1Années 1950, la place des Epars au coeur de Chartres.

Après avoir fait le tour de la place des Epars, la Nationale 10 continuait sa progression vers le sud en direction de Luisant, aujourd’hui totalement intégrée à l’agglomération chartraine.

Cliquez sur la borne pour continuer votre balade:

Page suivante2

Retour à l'accueil:

Panneau 3