Depuis le redressement de son tracé au cours du XVIIe siècle, la Nationale 10 ne passe plus dans le centre des Essarts-le-Roi mais à quelques centaines de mètres plus au nord. Dans les années 1960, deux relais routiers se partageaient ici la clientèle des « forçats de la route ». Le Relais « A la Grace de Dieu » tenu à l’époque par M. Bigot, est toujours en activité. Celui du « Cochon Noir » de Mme Boussard était quant à lui ouvert jour et nuit.
Le carrefour de la « Grace-de-Dieu » fut le théâtre d’un grave accident qui impliqua Georges Moustaki accompagné d’Edith Piaf. Dans la nuit du 5 septembre 1958, alors qu’il roule en direction de Bordeaux, le chanteur est surpris par un poids-lourds qui change brusquement de direction pour se garer au relais routier. Malgré un freinage brutal sur une chaussée humide, la DS 19 noire ne peut éviter le choc particulièrement violent. Edith Piaf souffrira d’importantes séquelles des suites de l’accident qui contribuera à la dégradation de son état de santé.
Le carrefour de la Grâce de Dieu aux Essarts-le-Roi dans les années 1950. Une Traction "11 CV" est en route vers Rambouillet, la signalisation Michelin est alors omniprésente. Sur la droite, le relais routier "A la Grâce de Dieu"qui reçoit toujours une nombreuse clientèle aujourd'hui. C'est à cet endroit précis que Georges Moustaki et Edith Piaf furent victimes d'un grave accident de la route le 6 septembre 1958.
On arrive ensuite au Perray-en-Yvelines (km 45) par la cuvette de l’Artoire avant de traverser le centre du bourg qui a retrouvé son calme depuis la déviation ouverte en 1976.
Cette paisible bourgade est située en bordure de la forêt de Rambouillet et comporte plusieurs étangs creusés eux aussi pour alimenter les bassins de Versailles par un système de rigoles. Louis XV puis Napoléon Ier se rendent fréquemment au Peray pour y chasser. Un rendez-vous de chasse est bâti pour l’Empereur entre les étangs de Pourras et de Saint Hubert en 1808.
La cuvette de l’Artoire à l’entrée nord du Perray-en-Yvelines a conservé son identité de grande route nationale malgré son déclassement en liaison locale depuis la déviation du bourg.
Petit garage à l’architecture intéressante à l’entrée nord de la commune.
Le centre bourg du Peray-en-Yvelines à la fin des années 1940. La chaussée est encore pavée, la circulation et le stationnement ne sont pas encore source de problèmes.
A la sortie sud du Perray, se trouve la Croix Saint-Jacques, un obélisque surmonté d’une croix dont les origines remonteraient à Louis XV. Erigé sur la route de Chartres, le monument évoque déjà le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Restauré une première fois en 1874 par le baron de Rothschild l’obélisque fut endommagé plusieurs fois par des camions avant son déplacement à l’écart de la route dans les années 1980. Deux plaques de marbres commémorent les restaurations de 1874 et de 1950.
La Croix Saint-Jacques toujours en place sur le bord de la route en direction de Rambouillet. Sa situation particulièrement vulnérable explique qu’elle fut endommagé bien des fois par des poids-lourds.
L’Auberge de la Croix Saint-Jacques dans les années 1960. Un large panneau rappelle que l’établissement est une « halte Saint-Jacques » pour des pèlerins devenus automobilistes… Un mini-golf jouxtait le restaurant.
La Croix Saint-Jacques aujourd’hui à l’écart de la route. Une plaque de marbre blanc sur laquelle figure une coquille Saint-Jacques rappelle la restauration de 1950.
En sortant du Perray, on retrouve la Nationale 10 déviée. La route s’enfonce dans la forêt de Rambouillet. « Touriste des grandes villes en quête de verdure, de repos et d’histoire, je t’invite à délaisser quelques instants la grande route de l’Espagne pour t’égarer dans les bois de Rambouillet ». C’est ainsi que J. Chaussade, élu de Coignières présente la « Forêt verte » au milieu des années 1960. Depuis le XVIIe siècle cette forêt essentiellement consacrée aux chasses royales, impériales puis présidentielles, le gibier y pullule, favorisant les affaires de quelques restaurateurs.
Ouvert après la Première Guerre mondiale sur le bord de la route, le restaurant de la Forêt Verte servait des plats à base de gibier et faisait déplacer les gourmets depuis Paris !