Le garage Barrouilhet

La grande station-service de la famille Barrouilhet, route de Bordeaux à Angoulême (Charente, km 440) ouvre au début des années 1950 au pied de la ville-haute, entre le cours de la Charente et le coteau.

Bar02La station, à l'époque de son ouverture, mise sur son style très contemporain, largement inspiré des bâtiments d'outre-Atlantique. Collection L. Carré.

L’architecture se veut très moderne, l’inspiration américaine est claire comme c’est le cas dans d’autres constructions sortant de terre et jalonnant la Nationale 10. La station proprement dite est sobre avec un vaste préau abritant largement les deux pompes électriques distribuant les carburants Mobil. Un escalier en colimaçon dans une tour vitrée permet de relier la station aux bureaux. Enfin, de larges ateliers ouverts permettent aux employés de procéder à l’entretien courant des automobiles et des poids-lourds (graissages, petites réparations, lavages)…

Bar03Sur la vue aérienne prise en 1967 on peut apprécier les dimensions de l’établissement mais aussi sa situation sur le bord de la Nationale 10 particulièrement encombrée ce jour-ci. Source IGN.

Deux parasols...

Au début des années 1970, la station et la tour sont rasées au profit de deux préaux « parasols », équipements typiques des stations Mobil de l’époque. Le reste du garage n'est pas modifié.

Bar04Station Mobil de l'Alouette à Tours (Indre-et-Loire) équipée du "préau-parasol" comme beaucoup d'établissements de la marque à l'époque. Source cliché: A.D. 37.

Mais en août 1973, l’ouverture de la déviation d’Angoulême, au grand soulagement des usagers et des riverains, est vécue comme une catastrophe pour les professionnels de la ville qui doivent désormais se contenter d’une clientèle locale. Les investissements et les frais de la grande station deviennent insupportables pour la famille Barrouilhet qui est contrainte de céder l’affaire dans les années 1980.

Une station devenue encombrante

Après avoir abrité un petit centre-auto, les lieux cessent toute activité en 1996. Depuis, le cas de la « station Barrouilhet », devenue une véritable « verrue » dans ce quartier en plein réaménagement, défraye régulièrement la chronique locale. Les multiples propositions de rachat du terrain ne semblent pas aboutir d’autant plus que les propriétaires sont encore liés par contrat avec une filiale de Michelin jusqu’en … 2052 !

Bar05L'ancien garage agonise lentement, livré aux squatteurs et autres graffeurs en quête de lieux d'expression.... Octobre 2014, collection L. Carré.

Bar06Les ruines contrastent de plus en plus dans un quartier en pleine mutation. Octobre 2014, collection L. Carré.

Quoiqu’il en soit, l’ancienne station qui faisait la gloire du commerce automobile des Trente Glorieuses de la capitale charentaise a agonisé lentement jusqu'en 2019 où les bâtiments ont été intégralement rasés. Il ne reste aujourd'hui plus rien du garage si ce n'est qu'une vaste aire de parking.

Retour à l'accueil:

n10.jpg