Paris-Biarritz 2018

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Retour sur la route de l'Atlantique...

La seconde édition du rallye "Paris-Biarritz" s’est déroulée du 9 au 13 juillet 2018.

Comme l’année passée, le but était de parcourir la Nationale 10 historique de la capitale à la frontière espagnole tout en faisant découvrir l’histoire, le grand et le petit patrimoine des régions traversées. Les spécialités solides et liquides n'ont pas été oubliées tout comme de nombreux arrêts permettant de profiter de paysages variés. 

Six équipages ont, sous un soleil radieux, rallié Paris à l'Espagne mais de nombreux véhicules ont rejoint la caravane du "Paris-Biarritz" pour parcourir quelques dizaines voire quelques centaines de kilomètres avec nous.

Enfin, de véritables amitiés se sont tissées au cours de cette semaine avec pour seul dénominateur commun une grande route nationale.

Lundi 9 juillet: Paris - Sainte-Maure-de-Touraine, 255 km

Le départ du rallye a été donné à Sèvres devant la célèbre Manufacture Nationale de porcelaine à deux pas du pont de Sèvres et de la Nationale 10 historique. Parmi les sept véhicules présents, six clôtureront leur périple à la frontière espagnole. La Renault 8 1968 de Nicolas, une Ami 6 break de 1968, la 2 CV Spécial 1976 d'Alexis, la BMW 518i 1981 de Marius, le cabriolet Fiat 124 1978 d'Anton et Deloris et l'Acadiane 1983 de Joël sont prêtes à affronter les 760 kilomètres qui les séparent de la frontière. Pascal et Christiane nous accompagnent jusqu'à Vendôme à bord de leur Dyane 6 de 1974. Aurélien rejoindra le convoi à Bonneval jusqu'à Mansle avec sa Mercédès.

180102Sèvres, le parking de la Manufacture Nationale de porcelaine

Après les immanquables photo-souvenirs, les véhicules quittent les bords de Seine pour se lancer à l’assaut de la banlieue parisienne. La circulation est, pour le moment, relativement fluide sauf aux abords du Palais de Versailles étonnamment débarrassé des cars puisque le Congrès s’y réunit ce jour avec la venue du Président de la République.

Puis la banlieue parisienne s'égrene tant bien que mal avec un important embouteillage entre Coignières et le carrefour de la Grâce de Dieu, au même endroit que l'année dernière.... Un premier arrêt à la Croix St-Jacques, au Perray-en-Yvelines, fut apprécié après avoir longuement patienté dans nos autos.  Une fois passé Rambouillet, le trajet s'est poursuivi via Epernon et  Maintenon par l'ancienne Nationale 306, ex-Nationale 10. Un nouvel arrêt devant la borne en pierre marquant la limite entre les Yvelines et l'Eure-et-Loir et indiquant "Route de Paris à Baionne" (sic) permettait de vérifier que nous étions sur la bonne route. La traversée de Chartres n'ayant posé aucun problème, le groupe a déjeuné une nouvelle fois au Relais Beauceron au sud de Thivars.

Après un copieux déjeuner, le cortège s'est lancé dans la traversée de la Beauce avec un arrêt à Bonneval sur les lieux de l'accident de Porter le 24 mai 1903 lors de la course Paris-Madrid. Châteaudun, Cloyes-sur-le-Loir, Vendôme, Château-Renault, Monnaie, les villes défilent les unes après les autres. Nous traversons Tours depuis la Tranchée jusqu'à l'Alouette avant d'être reçus aux Gués-de-Veigné par le maire de la commune qui nous offre un rafraichissement particulièrement apprécié. Alors que Didier et Chantal nous rejoignent avec leur Mini, un journaliste de la Nouvelle République recueille les avis des participants. Pour lire l'article cliquez sur la photo.

180115 1Cliché NR 37

Les pilotes ont achevé cette première étape à Sainte-Maure-de-Touraine en début de soirée par le très chaleureux accueil de l'association "Nostal'10" tout d'abord pour un apéritif à l'ancien garage Dupuy puis par une soirée dans le parc Boissonneau. Quelques collectionneurs locaux sont venus célébrer le premier jalon du rallye 2018. Un grand merci à tous ceux qui ont organisé cette soirée. 

Mardi 10 juillet: Sainte-Maure-de-Touraine - Mansle, 175 km

Parfaitement accueillis à La Caravane (La-Celle-Saint-Avant) par Aurore et Eddy, qui viennent de reprendre l'établissement, le petit-déjeuner a permis au groupe de se retrouver avec de nouveaux équipages. Trois 2 CV pilotées par Cathy, Stéphane et Nicolas qui n'a pas hésité une seconde à venir de Lyon au volant de sa 2 CV jaune Panama de 1962. Il restera avec nous jusque dans les Landes avant de reprendre, tel un pèlerin du bicylindre, la route pour la Bourgogne ! La Dyane de Stéphane, qui avait participé au rallye 2017 nous a accompagné pour la journée. Deux Renault 4 viennent rétablir un certain équilibre, celle de Jean-Pierre et Francette de 1967 et celle d'André et Nicole datant de 1984.

Très rapidement après le départ, une première visite a permis de visiter La Poste aux Chevaux des Ormes (86), monumental relais de poste ouvert au milieu du XVIIIe siècle lors du redressement de "La Grande Route d'Espagne". Guidés par le propriétaire, M. de Logivière, le groupe a pu découvrir et comprendre le fonctionnement des postes aux chevaux.

La traversée du nord de la Vienne s'est faite sans encombres via le pont Henri IV à Châtellerault et les différents villages permettant d'aborder l'agglomération de Poitiers. Après la pause photo sur le site des rochers du Porteau, nous avons traversé Poitiers avant de retrouver les tronçons abandonnés de Virolet et de Ruffigny. Le groupe a marqué un nouvel arrêt au sud des Minières pour se rendre sur les lieux de l'accident de Marcel Renault le 24 mai 1903 lors de la course Paris-Madrid. Nous avons quitté la Nationale 10 à Couhé pour bifurquer vers le musée du Cormenier où nous avons pique-niqué avant la visite. Ce fut l'occasion de retrouver autour d'un cognac-tonic Boris et son fils qui avaient délaissés cette année la Cadillac pour une imposante Pontiac Streamliner 1948.

Le musée du Vieux Cormenier met en scène des personnages animés relatant la vie quotidienne dans le sud du Poitou au début du XXe siècle. Une nouvelle exposition, intégralement consacrée aux Trente Glorieuses, a ouvert ses portes en 2017. Particulièrement interactive elle permet de manipuler de nombreux objets et de revivre ces années de croissance économique et de profondes mutations de notre quotidien.

La caravane a retrouvé la Nationale 10 à Chaunay où nous attendaient une dizaine de voitures de l'Amicale Les Aut'Antiques des Vallées Charentaises pour achever ensemble cette deuxième étape jusqu'à Mansle. Après l'incontournable passage sur le tronçon déclassé des Maisons Blanches, nous étions attendus au hameau "Chez Branger" par M. Maillochaud un collectionneur de tracteurs agricoles Lanz.

Un petit rafraichissement offert par le maître des lieux permettait d'apprécier encore plus la démonstration des capacités mécaniques (et auditives !!) de ces puissants et vénérables engins. Un journaliste et un photographe de La Charente Libre étaient présents pour immortaliser la visite de la collection et la fin de cette deuxième journée. Cliquez sur la photo pour lire l'article.180227

Cliché Renaud Joubert, La Charente Libre

La route s'est poursuivie par Ruffec, le hameau des Nègres avant d'arriver à Mansle pour y passer la nuit à l'hôtel Beau Rivage ouvert en 1929 et ayant gardé un réel charme. Après un très agréable apéritif sur les bords de Charente offert par l'Amicale Les Aut'Antiques des Vallées Charentaises, le dîner fut pris à quelques kilomètres de là au restaurant La Belle Cantinière, autre adresse mythique de la N10.

Mercredi 11 juillet: Mansle - Bordeaux, 135 km

Partis sous un grand soleil les équipages, avec Pierre au volant de son Opel Rekord A de 1965, ont abordé progressivement Angoulême avec quelques arrêts comme au dangereux virage de Buffevent au nord du Churet ou à la Chignolle. Dans ce hameau traversé par la nationale jusqu'en 1992 M. Turnier qui fut dépanneur sur la RN 10 pendant plus de 40 ans nous a fait part de ses souvenirs et d'anecdotes aussi précises que savoureuses. A Angoulême, Philippe et Anne en Lancia Beta et Nicolas en 2 CV AZAM prennent part au convoi avant l'arrêt obligatoire à Pétignac devant la borne "N 10". Chacun a pu ici prendre conscience de l'étroitesse et de la sinuosité de la Nationale 10 jusqu'à création de la déviation de 1957.

Une courte pause à "La Billette" permis de faire quelques photos devant l'ancien restaurant, tout en saluant Mme Houdusse, et le Saint-Christophe. Après Barbezieux, le cortège a pu pleinement profiter du parcours de l'ancienne RN 10, déserté depuis l'année dernière au profit d'une 4 voies certes plus rapide mais bien moins authentique. Au virage du Bois Vert, Boris nous offrait son ultime cognac tonic avant de nous laisser. Nous avons déjeuné au Casse-Croûte charentais désormais à l'écart de la voie rapide mais dont l'accès est parfaitement balisé. L'accueil de la charmante gérante conjugué à l'excellent rapport qualité-prix mérite de s'y arrêter ! Pour découvrir le restaurant, cliquez sur la photo:

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C'est à regret que nous avons quitté l'établissement mais la route est encore longue jusqu'à la banlieue bordelaise ! Chevanceaux, Pouillac et Montlieu-la-Garde, les communes de Charente-Maritime, furent rapidement traversées avant d'entrer en Gironde. A Cavignac, une petite randonnée pédestre digestive a emporté le groupe jusqu'au "pont Napoléon", qui supporta la Nationale 10 du début du XIXe siècle jusqu'en 2003, et de l'asphalte abandonné de la grande route.

A Marsas, comme l'année passée, nous avons dégusté la fameuse "La Pissotière de l'Impératrice", un bordeaux supérieur étroitement lié à l'histoire de la route d'Espagne.  L'accueil de Mme Soum et de son fils fut particulièrement apprécié par les amateurs de bon vin et de .... réparateurs de pot d'échappement germanique !

Après s'être faufilé dans Saint-André-de-Cubzac, le convoi franchit la Dordogne par le pont Eiffel, l'une des "attractions" du rallye avant de regagnez les hôtels respectifs. Dans la soirée, nous retraversons le pont Eiffel pour dîner à l'excellent Café de la gare 1900 à Saint-André-de-Cubzac, une adresse à recommander, avant de regagner nos pénates d'un soir.

Jeudi 12 juillet: Carbon-Blanc - Castets, 130 km

Les véhicules étant désormais interdits sur le pont de pierre nous traversons la Garonne par le pont Saint-Jean avant de regagner la Nationale 10 historique à Gradignan. Sur le parking de La Toque Cuivrée où l'on peut déguster les fameux canelés de Bordeaux, nous sommes rejoints pas une dizaine de collectionneurs.

La matinée se poursuit par la visite privée de la tour Chappe de Gradignan par le charismatique M. Dupoirier. Cette construction du début du XIXe siècle constituait l'un des relais de la ligne Paris-Bayonne du fameux télégraphe optique mis au point par Claude Chappe. Quelques centaines de mètres plus au sud, la pause au prieuré de Cayac surprend toujours ceux qui ignorent que la Nationale 10 est passée jusqu'en 1982 entre les murs de l'antique lieu saint. Puis il y eu un moment de recueillement devant les deux monuments à la mémoire des 82 victimes du gigantesque incendie qui ravagea la région en 1949. Après Le Barp et Belin-Béliet nous avons abordé l'immense forêt landaise au son des cigales particulièrement audibles en ce début juillet. Au Muret, le convoi faisait une halte-déjeuner au restaurant Le Grand Gousier, encore une étape attachée à la N 10 historique.

A Labouheyre, au gré d'une petite marche, le groupe a découvert la fameuse colonne Brémontier mais aussi les anciens commerces, encore ouverts ou non, comme un ancien garage Citroën désormais spécialisé dans la motoculture. Au hameau de Laharie, à l'écart de la Nationale 10 depuis 1972, quelques vestiges dont une belle borne en pierre, subsistent. Cette quatrième étape s'est tranquillement terminée en fin d'après-midi à Castets. L'accueil qui nous est réservé à l'hôtel de la Côte d'Argent est exceptionnel si bien que nous décidons d'annuler notre dîner sur l'océan pour profiter de cette belle soirée d'été sous les platanes autour d'un repas succulent. Même si l'hôtel ne brille pas par sa modernité, c'est probablement l'un des meilleurs souvenirs des participants.

Vendredi 13 juillet: Castets - Espagne, 95 km

Cette ultime étape débute sous une pluie fine qui laisse rapidement place à un beau soleil. Comme en 2017, des membres du club Auto Retro du Seignanx nous attendent à Labenne pour un très agréable apéritif avant de poursuivre le chemin en notre compagnie.

Le pont Saint-Esprit de Bayonne étant en travaux, nous empruntons le "pont rouge" avant de revenir sur l'ancienne Nationale 10 historique au niveau des allées Paulmy. Puis c'est assez facilement que nous gagnons Biarritz par l'ex RN 10A avant de déboucher sur l'océan, une belle récompense pour ceux qui sont partis de Paris depuis lundi.

Après avoir emprunté la Nationale 10 B pour retrouver la "vraie" RN 10 au niveau de Bidart, le déjeuner fut pris dans le cadre magique de la plage d'Uhabia avant de reprendre la route pour les derniers kilomètres.

Voulant "faire les choses dans l'ordre", le convoi, après Saint-Jean-de-Luz, s'est d'abord dirigé vers Hendaye par l'immanquable route de la Corniche basque (ex-RN 10 C) aux paysages grandioses. Arrivés à Hendaye-Plage puis à Hendaye, nous nous sommes naturellement garés à l'ancien poste frontière afin d'immortaliser l'instant, l'objectif était atteint ! Là, devant l'ancien petit bâtiment de la gendarmerie arborant toujours le mot "Frontière" des policiers du commissariat de la ville ont bien voulu nous tirer le portrait avec la plus grande des gentillesses. Puis, nous sommes passés en Espagne par le pont Saint-Jacques pour célébrer autour d'un verre le premier but du rallye.

Afin de clore comme il se doit le "Paris-Biarritz 2018", le convoi a repris la route de la Corniche basque pour revenir sur l'authentique Nationale 10 à la hauteur d'Urrugne. Les tous derniers kilomètres jusqu'à Béhobie furent parcourus sous un ciel de plus en plus menaçant et c'est sous un orage que nous avons passé la Bidassoa mettant un point final à notre périple de 795 km. Le dîner de clôture fut célébré dans un établissement peu commun, l'ancien relais de poste de Béhobie, ouvert spécialement pour nous, merci encore à Didier et à Chantal pour l'adresse.

Merci !

Ces derniers mots seront pour tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l'édition 2018 du "Paris-Biarritz". Un très grand merci à Anton, Deloris, Joël, Nicolas, Marius, Eric, Alex, Pascal et Christiane, Aurélien, Didier et Chantal, Cathy, Stéphane, Nicolas, Stéphane et Vivien, Jean-Pierre et Francette, André et Nicole, Boris et son fils, Philippe et Anne, Nicolas, Philippe.

Merci aussi à l'équipe de "Nostal'10" de Sainte-Maure-de-Touraine, à Francis Gasseling du club Amicale Les Aut'Antiques des Vallées Charentaises, à M. Maillochaud et sa famille, à Mme Soum et sa "Pissotière", à Alain Sciacaluga, à Alain Davadan et les membres du club Auto Retro du Seignanx. J'espère n'avoir oublié personne !

Quant à savoir s'il y aura une édition 2019 du rallye "Paris-Biarritz" ? Ne roulant pourtant pas en Peugeot, je peux quand même affirmer "Jamais 203" !

Laurent CARRE

 

180527La route, un moyen de lier connaissances ? Excellente idée de Marius.

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