Etape 1: Cloyes sur le Loir - Vendôme

Entrée dans le Loir et Cher

Après avoir quitté Cloyes sur le Loir, la RN 10 entre dans un quatrième département, le Loir et Cher pour une traversée de 50 kilomètres dont Vendôme est la principale étape.

Au km 151, une borne en pierre
de la fin du XIXe siècle matérialise la limite entre les deux départements sur un court tronçon abandonné depuis l'ouverture de la déviation de Cloyes en 1989. Une autre borne, beaucoup plus récente, est située à quelques mètres de là sur la déviation qui contourne la ville par l'est.

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Les villages de la Cavée et de Fontaine

borne-dpt-28-41.jpgTronçon de la route historique abandonnée avec la borne en pierre à droite du cliché. La déviation passe quelques mètres à droite, juste derrière la haie.

La route poursuit vers le sud en ondulant sur la rive droite du Loir. Ce cours d'eau accompagne la RN 10 depuis Bonneval (28), elle le franchit à quatre reprises: à Bonneval, Marboué, Cloyes puis enfin Vendôme. Le Loir poursuit alors son cours vers l'ouest avant de se jetter dans la Sarthe non loin d'Angers.


410104.jpgQuelques maisons le long de la route portent encore quelques publicités peintes passablement défraichies comme celle-ci pour les apéritifs Dubonnet, "au quinquina".


Situé sur le territoire de la commune de Saint-Hilaire-la-Gravelle, le petit hameau de la Cavée vivait de l'activité engendrée par la RN 10. On y trouve dès le début du XXe siècle des cafés puis des garages et des postes d'essence.

410105.jpgCette photo des années 1930 montre des enfants qui posent près de la route alors bien peu encombrée. Un café est visible à droite; on didtingue aussi un volucompteur d'essence en arrière-plan. Notez le poteau électrique en ciment qui atteste des progrès de l'électrification des campagnes dans les années 1920 et 1930.


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Bien qu'un peu flou, ce cliché récent permet de constater que les lieux ont finalement peu changé mise à part l'intensité du trafic. On trouve toujours à La Cavée un garage Renault, une boulangerie et un restaurant routier.


Après La Cavée, la RN 10 descend dans la vallée du Loir en se transformant en deux fois deux voies jusqu'à Vendôme. Ce tracé récent, aménagé depuis la fin des années 1990 jusqu'en 2009 permet de dévier trois villages: Fontaine, Pezou et l'Isle.


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Le nord de cette longue déviation de près de quinze kilomètres est ici bien visible en arrière plan. On retrouve au premier plan le tracé historique qui mène à l'entrée nord du village de Fontaine. Dans ce petit village rattaché à la commune de Pezou en 1791, la RN 10 y croisait la RN 157, transversale qui reliait Orléans à Rennes.


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Très belle vue de l'entrée nord du village de Fontaine (km 162) dans les années 1920, la route de Paris bordée de platanes est bien visible en arrière plan. Le croisement avec la RN 157 (alors route de Grande Communication 13) se situe entre les deux maisons de droite. Celle la plus à droite est un commerce, très probablement un café, déjà. On retrouve à gauche la ligne électrique qui suit la RN 10.


410109.jpgBien plus tard, la famille de Gérard, qui m'a gentiment confié ce cliché, avait pour habitude de faire une pause dans le village de Fontaine au cours de leur trajet de Paris jusqu'à Royan. Il est ici photographié en juillet 1963 devant la Juvaquatre de ses parents en compagnie de sa cousine juste en face du relais d'Argenteuil.
 

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Ce petit relais routier idéalement placé au croisement des RN 10 et RN 157 faisait partie de la chaine des "Routiers". Notez en bas à droite l'enseigne réalisée à partir d'un pneu peint !

On pouvait y déguster une bière de "La Meuse" avant de repartir vers Paris comme cette Dauphine blanche qui se lance à l'assaut de la côte qui mène vers La Cavée.

Dans les années 1960, le relais d'Argenteuil est aussi connu sour le nom de "Chez Pierre", M. Blot en est alors le gérant. C'est ici qu'Arlette travailla en 1963 comme serveuse quelques mois. Découvrez ses souvenirs et ses nombreuses photos de routiers et de leurs camions en cliquant sur la photo du relais, ci dessous:

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A l'époque où Arlette y travaille, la bière vendue alors est la 33 Export, "une bière fraîche sanstrop d'alcool" comme le vantait la réclame. Remarquez les deux panneaux "Les Routiers" fixés sur la façade de l'établissement ainsi que la publicité en tôle pour le non moins célèbre "Cacolac".


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Le relais d'Argenteuil, toujours ouvert aujourd'hui mais sous un autre nom, est encore signalé depuis le pignon d'une maison lui faisant face. On peut encore distinguer "café, bar" et les débuts "d'alimentation" et "cycles". Une publicité peinte pour les appareils électroménagers Hoover est située à l'entrée du village.


410114.jpgLa vieille route quittait Fontaine par deux virages assez prononcés, responsables de nombreux accidents, de nuit surtout. Puis elle franchissait la ligne de chemin de fer pour la cinquième fois depuis Bonneval. Ce passage à niveau, comme tous les autres, était responsable d'importants ralentissements lors des grandes migrations estivales.


410116.jpgLe passage à niveau a été supprimé en 2009 avec l'ouverture de la déviation de Fontaine-Pezou et de Lisle que l'on distingue ici en arrière plan. L'ancien tracé de la RN 10 est désormais un voie sans issue depuis le nord de Pezou. Fin 2012, la SNCF semblait occuper les lieux en y stockant des traverses de chemin de fer.

Pezou

Juste après avoir franchi le passage à niveau, la route historique aborde Pezou (km 166) par une longue ligne droite et bien dégagée souvent propice à bien de excès de vitesse...

Quelques centaines de mètres avant l'entrée nord du bourg, une ancienne station service orientée vers Paris rappelle combien la trafic a pu être important dans cette commune déviée seulement depuis 2009. Le village a ainsi retrouvé le calme qu'il avait jusque dans les années 1950.

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4101018.jpgPlaque cochetière encore en place au nord de Pezou. En indiquant les noms de Fontaine et de Cloyes, elle s'adresse bien entendu aux voyageurs en route vers Paris.


4101019.jpgLa route traversait le village du nord au sud sur près d'un kilomètre. Sur cette vue de l'entrée nord au début du XXe siècle, les platanes qui bordaient la route sont bien visibles en arrière-plan.

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Dans le centre du village, la route longe l'église Saint Pierre de Pezou construite au XIIe siècle puis maintes fois remaniée jusqu'au XVIe siècle. Les lieux sont restés les mêmes depuis un siècle mais la Route Nationale 10 est devenue une simple  voie de desserte du bourg et des hameaux de la commune. Beaucoup de commerces ont été constraints à la fermeture définitive.


4101022.jpgSortie sud de Pezou en direction de Vendôme dans les années 1930. Sur la droite, un agent Renault distribue du carburants depuis une pompe bijaugeur. Le pompiste attend un éventuel client mais ce ne sont que deux équipages hippomobiles qui circulent sur la RN 10 pour le moment.


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Encore une vue de la sortie sud mais à la fin des années  1950 et en direction de Paris. Une Peugeot 403 break roule en direction de Vendôme et s'apprête à passer devant un bar-hôtel-restaurant. Remarquez les plaques émaillées pour les apéritifs Martini, Saint-Raphaël et Byrrh mais aussi la publicité peinte pour les peintures Valentine en arrière-plan. La RN 10 laisse ici Pezou avant d'aborder Lisle.

Lisle

Dernier village traversé par la RN 10, la commune de Lisle (km 169) est enfin déviée en 2009 pour le plus grand soulagement des habitants.

4101025Cette vue des années 1950 montre une route bien calme. Les amateurs de détails peuvent apprécier deux publicités peintes (une pour Dubonnet, l'autre pour les vins Nicolas) ainsi qu'un Citroën Type H dans une cour de ferme.

Quelques publicités peintes subsistent de nos jours comme celle pour un poste d'essence Azur ou encore pour les récepteurs de télévision et de radio Schneider encore assez vive. Découvrez les plus en détails dans la catégories "La RN 10, fille de pub".

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La route quitte Lisle par une petite côte. Au sommet, on y trouve une stèle à la mémoire d'un jeune motocycliste, Pierre Charpin, qui s'est tué ici le 17 septembre 1927 en fin de matinée. On précise que la victime était élève de l'école navale et que les causes de l'accident sont inconnues.

C'est à cet endroit que la déviation des villages de Fontaine, Pezou et Lisle retrouve le tracé historique.

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Vendôme

La RN 10 aborde Vendôme par une belle ligne droite, aujourd'hui en 2x2 voies, encore arborée de nombreux platanes. Un passage à niveau situé quelques kilomètres avant la descente de Saint Ouen, aujourd'hui neutralisé,  pouvait provoquer d'importants embouteillages comme le montre ce cliché extrait d'un "Paris-Match" de 1966 consacré aux routes nationales avec ce titre accrocheur "Ce qui ne va pas avec vos vacances".

4101027                                                                                                                                                                            Source image: Paris-Match

La légende du cliché se veut tout aussi ironique "La Micheline passe... La route s'arrête. C'est cela la Nationale 10".
L'enquête de l'hebdomadaire dénonce l'insuffisance du réseau autoroutier français de l'époque et l'inadéquation entre le trafic et les capacités des routes nationales. La Nationale 10 est particulièrement visée "rien ou presque n'a pourtant été fait pour transformer la RN 10: elle zigzague toujours dans les rues des villages, disparait sous la grande tour médiévale de Vendôme et s'interrompt devant une douzaine de passages à niveau".

La ville de Vendôme (km 176) est un pôle touristique important avec la pittoresque vallée du Loir mais aussi les ruines d'un château médiéval et l'église de la Trinité. Ce fut aussi, pendant de longues années, l'un des "points noirs" majeurs de la RN 10 qui la traversait du nord au sud via le faubourg Chartrain avant de se faufiler dans des ruelles médiévales puis de franchir le Loir.

4101028Le faubourg Chartrain à la fin des années 1920 n'est pas encore encombré. Le guide Michelin de 1929 y recommandait tout particulièrement le Grand-Hôtel Vendôme (une étoile au guide dans les années 1960) avec pour spécialités les filets de sole maison et la cassolette de ris de veau "Vendôme".


4101029Cette vue aérienne des années 1960 montre bien l'exigüité des rues, absorbant pourtant l'intégralité du trafic de la route d'Espagne. Le passage sous la porte Saint-Georges (au premier plan) achevant ce véritable cauchemar d'automobiliste et de chauffeur routier ! Un seul véhicule pouvait y passer à la fois, la priorité était donnée à ceux qui sortaient de la ville pour tenter de la désengorger au maximum. Un message rédigé en quatre langues, dont l'espagnol, l'allemand et l'anglais prévenait de la difficulté du franchissement.

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Prise en 1972 cette photo illustre bien le passage délicat de la porte Saint Georges. Le break Ami 6 d'où a été réalisée la photo (merci à Gérard pour ce cliché "d'époque") patiente avant de pouvoir s'engager à son tour.

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Conscients de toutes ces difficultés, les pouvoirs publics décident de dévier la ville à la fin des années 1960 sous la pression d'un groupement d'action pour la déviation de la RN 10.
Une série de cartes postales et d'affiches sont largement distribuées dans la région montrant la ville de Vendôme symbolisée par une femme portant les armes de la ville coupée en deux par la route.
La déviation fut enfin ouverte en 1978, la ville retrouvant ainsi une quiétude toute provinciale.

Une association, "Priorité RN 10", milite toujours en faveur de la sécurisation de la route nationale autour de Vendôme.



Poursuivez la route en cliquant sur la borne:

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